Le 7 août 2025, l'Autorité de protection de l'environnement de Nouvelle-Zélande (EPA) a proposé une interdiction complète du désherbant chlorthal-diméthyl (DCPA) lors de son processus de réévaluation et sollicite les commentaires du public. Le public peut soumettre des commentaires jusqu'au 6 octobre 2025.
Contexte
Le DCPA est un herbicide utilisé pour contrôler la renouée avant l'apparition des légumes. En 2024, en raison de son impact sur le développement fœtal, l'EPA néo-zélandaise a imposé des restrictions sur ce produit chimique. Auparavant, l'Agence américaine de protection de l'environnement avait émis un ordre de suspension d'urgence. Actuellement, ce produit chimique est interdit en Australie, au Canada, dans l'Union européenne et aux États-Unis.
Le DCPA présente principalement des risques pour trois groupes : les personnes enceintes présentes à proximité, les travailleuses enceintes impliquées dans les opérations connexes, et les individus pénétrant dans les zones traitées. Ce produit chimique a des effets perturbateurs endocriniens, et l'exposition pendant la grossesse peut altérer le développement fœtal et provoquer des effets à long terme chez la progéniture, notamment un faible poids à la naissance, un développement cérébral altéré et des déficits de la fonction motrice. Même avec les mesures de protection les plus strictes, telles que le port de respirateurs et de gants lors de la pulvérisation, les risques ne peuvent être adéquatement atténués. De plus, le DCPA présente un risque de contamination des eaux souterraines.
Des études ont révélé que l'utilisation du DCPA en agriculture est déjà relativement faible, environ deux tiers des producteurs néo-zélandais ayant opté pour des alternatives moins coûteuses et plus facilement disponibles.
Conclusion de l'évaluation
En vertu de la loi de 1996 sur les substances dangereuses et les nouveaux organismes (loi HSNO), un examen complet et une évaluation des risques sont nécessaires avant de révoquer l'approbation d'une substance. L'EPA a réalisé une évaluation détaillée de l'utilisation de la substance, des risques associés et des mesures d'atténuation. Elle a conclu que les risques pour la santé et l'environnement liés à l'utilisation continue l'emportent sur ses avantages, pour les raisons suivantes :
- Incapacité à atténuer efficacement les risques sanitaires pour les femmes enceintes ;
- Incapacité à traiter efficacement la contamination des eaux souterraines ;
- Utilisation limitée de la substance en Nouvelle-Zélande ;
- Disponibilité d'alternatives plus économiques.
Si la proposition est approuvée, toutes les autorisations pour les herbicides contenant du DCPA seront révoquées en vertu de la loi HSNO, et l'importation, la fabrication et l'utilisation de tels produits seront interdites en Nouvelle-Zélande. Toutefois, une période de six mois sera accordée pour l'élimination des stocks existants.
